... Je précise vrai parce que jusqu'à maintenant, j’étais payée au black pour me livrer à des activités, certes très lucratives, comme aider un élève du lycée français à faire ses devoirs dont, et c’était bien là le problème : les maths, la physique et la bio. Quand on connait mon niveau en science, c'est-à-dire proche de 5/20 de moyenne pendant toute ma scolarité, être payée 75$ par heure de cours donnée : c’était un vrai scandale et d’ailleurs j’ai été virée… Le rêve américain a quand même ses limites !
Cette fois, j’ai trouvé quelque chose qui est plus dans mes cordes et cette fois tout à fait légal : donner des cours de français aux collègues d’Hugues. En fait, c’est une idée qui mûrit depuis longtemps dans la tête d’Antonio, le chef de mon mari : il aimerait parler avec les Francophones qui viennent de la Holding lui rendre visite. Il avait déjà demandé à Hugues de lui apprendre quelques mots et celui-ci lui avait dit qu’à la question « Comment allez-vous ? », il était d’usage de répondre « Imotep *». Sauf qu'évidemment, les premiers Francophones qui sont venus étaient Québecois et pour eux « c’est une autre culture** ».
Depuis, l’idée a tout de même fait son chemin et s’est élargie à l’ensemble des salariés qui désirent apprendre le français, c'est-à-dire une vingtaine d’élèves que je prendrai une à deux fois par semaine à l’heure du déjeuner. Antonio en fera évidemment partie et, à lui tout spécialement, j’apprendrai les verbes « donner-une-promotion-à-Hugues » et « laisser-Hugues-prendre-des-vacances.
''* Réplique tirée d’un film culte (pour nous) : Mission Cléopâtre.
** Idem.''